Facile tombeuse de la Hongrie pour lancer son Mondial (99-53), la France a parfaitement réussi son entrée en matière. Discrète mais efficace, Valériane Ayayi savoure surtout d’avoir retrouvé un collectif qu’elle connaît sur le bout des doigts.

Valériane AyayiCompliqué d’imaginer meilleure entrée en matière pour l’Equipe de France, qui a parfaitement maîtrisé son match face à la Hongrie (99-53). Et ce, malgré la réunion tardive d’un groupe qui n’a eu que quelques jours pour retrouver ses automatismes.

Visiblement, cela n’a pas pesé bien lourd sur la cohésion des Bleues. Pour Valériane Ayayi, l’explication tient notamment au plaisir de retrouver des partenaires qu’elle connaît parfaitement.

A lire également : Foot - TdC - Vainqueur du Trophée des champions, Mauricio Pochettino (PSG) a « aussi une pensée » pour Thomas Tuchel

« C’est le fait de jouer avec des filles que je connais bien, avec qui j’aime jouer. L’un de mes petits frères, juste avant le début de la compétition, m’a dit : ‘On n’est jamais meilleur sur le terrain que quand on est heureux’. C’est ça. Aujourd’hui, c’est vraiment une joie de retrouver le groupe. Ça s’est bien passé ce soir. Pourvu que ça dure ! On sait qu’on a des choses à corriger. Mais ça fait plaisir de retrouver les Bleues. »

Une alchimie rapidement visible, notamment en défense, où les Françaises se sont montrées intraitables. De quoi prendre le large très tôt et rejoindre les vestiaires avec une rencontre pratiquement pliée à la pause (60-21).

A voir aussi : Décès Jean-Louis Gasset : l’hommage très touchant de Yann M’vila

Avec un Mondial particulièrement dense, avec jusqu’à sept rencontres en dix jours, il était ensuite logique de gérer les organismes.

« C’est toujours important. Là, d’autant plus parce que c’est un tournoi qui est sur dix jours et qu’il y a potentiellement sept ou six matchs. Donc, il faut pouvoir écouter son corps. Maintenant, ça, ce n’est pas notre rôle. Notre rôle, c’est d’entrer sur le terrain, d’être à 100 %. Et derrière, ce sont les coachs et le médical qui s’occupent de faire tourner. Ils feront en sorte que tous les organismes soient en forme au moment important. »

« Gabby, elle ne change pas »

Capitaine lors du dernier Euro, Valériane Ayayi a depuis passé le flambeau à Gabby Williams. Un nouveau costume que l’ailière des Valkyries a parfaitement revêtu pour son entrée dans la compétition.

Après avoir donné le ton avec une interception dès la première possession hongroise, elle a également pris ses responsabilités en attaque. À la mi-temps, la nouvelle capitaine avait ainsi déjà inscrit 15 points.

« C’est la preuve que ça se passe bien pour elle. Elle ne change pas. Elle reste Gabby, la leader terrain qu’elle est. Elle le montre très bien, notamment ce soir. Elle fait un très gros match. C’est important parce qu’on a besoin de ça pour pouvoir la suivre », apprécie Valériane Ayayi.

Autre satisfaction pour les Bleues : avoir limité l’impact de Dorka Juhasz, principale menace hongroise. Face à une intérieure capable de s’écarter, le plan de Jean-Aimé Toupane était clair : d’abord lui enlever le tir extérieur.

« Ce qu’on ne voulait pas, c’est lui donner le tir. Parce que c’est une cinq qui s’écarte. Déjà, quand on lui enlève ça, qu’elle n’a que le jeu intérieur, c’est déjà ça de moins à penser », explique le sélectionneur. « Après, comme c’est une très forte joueuse, elle est allée chercher la balle intérieure. On a fait du ‘overhelp’. On est venus à deux ou à trois. Mais il y avait une volonté de bien faire. »

« On veut toujours faire mieux »

Malgré les 46 points d’écart et une première période à sens unique, pas question toutefois pour Jean-Aimé Toupane de tirer trop de conclusions de cette démonstration.

« On veut toujours [faire] mieux. Dire aujourd’hui que l’équipe est énorme, c’est à relativiser par rapport à un adversaire que l’on a plutôt empêché de jouer. On leur a mis la tête sous l’eau. Par contre, de meilleurs adversaires trouveront peut-être des solutions. C’est pour ça qu’il faut continuer à travailler. »

Les Bleues pourront justement remettre l’ouvrage sur le métier dès ce samedi face à la Corée du Sud (20h45), elle aussi victorieuse pour son entrée dans la compétition, face au Nigeria (99-81). Avec un défi tactique bien différent de celui proposé par la Hongrie.

« La Corée, on les a jouées au mois de mars. On sait que leur basket est atypique. Ça va aller beaucoup plus vite. Aujourd’hui, j’ai cru comprendre qu’elles ont shooté à 50% à 3-points. Ça tire de tous les côtés. Il faudra être encore beaucoup plus vigilant là-dessus. Les empêcher de bouger. Et nous, dès qu’on a la balle, on se projette. »

Les Françaises savent d’ailleurs à quoi s’attendre puisqu’elles avaient déjà croisé la Corée du Sud lors du tournoi de qualification de Villeurbanne.

Après avoir parfaitement négocié leur entrée dans le tournoi, les Bleues savent donc déjà où porter leur attention. Une deuxième victoire leur permettrait de faire un grand pas vers la qualification pour la suite de cette Coupe du monde, avant de conclure cette première phase lundi face au Nigeria.

Par Nicolas Bulach à Berlin

source : https://www.basketusa.com/news/927370/valeriane-ayayi-et-les-bleues-deja-dans-le-rythme-pourvu-que-ca-dure/